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Programme LIFE MURIN À OREILLES ÉCHANCRÉES

 

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De taille moyenne, le Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) a un pelage dense et laineux, roux sur le dos, et plus clair sur le ventre. Son nez marron est en forme de museau de souris. Ses oreilles brunes caractéristiques présentent une échancrure externe très prononcée.

Longévité : Jusqu’à 16 ans (record de longévité = 18 ans)
Taille : de 4,1 à 5,3 cm
Oreilles de taille moyenne : de 1,4 à 1,7 cm
Envergure : de 22 à 24,5 cm
Poids : de 6 à 15 g


 

Programme LIFE ECOLOGIE ET BIOLOGIE

Les zones de faible altitude sont fréquentées par le Murin à oreilles échancrées.

Son territoire de chasse est diversifié, il peut se caractériser par des milieux boisés et buissonnants (sous-bois de feuillus : chêne, aulne, saule), ainsi que par des milieux forestiers ouverts (allées forestières, clairières, rivières bordées d’arbres), des grands arbres isolés ou des petits ilots de végétations proche du gîte. Il chasse aussi au-dessus des rivières et l’eau semble constituer un élément essentiel à son maintien. La présence d’élevages est très favorable à l’espèce : les Murins à oreilles échancrées viennent couramment chasser dans les étables et y établissent parfois leurs colonies de parturition. En milieu méditerranéen, il chasse également les insectes au-dessus des oliveraies traditionnelles.
Une partie des territoires de chasse est commune avec ceux du Grand Rhinolophe (bocages, milieux pastoraux).

Mammifère crépusculaire et nocturne, au vol rapide et très agile, il se déplace à hauteur moyenne et utilise l’écholocalisation pour chasser ces proies.
Son régime alimentaire est unique parmi les chauves-souris d’Europe et démontre une spécialisation importante de l’espèce. Il se nourrit principalement d’araignées et de mouches. Les autres proies (coléoptères, névroptères et hémiptères) sont occasionnelles et révèlent surtout un comportement opportuniste.

Le Murin à oreilles échancrées est sédentaire, il se déplace entre un gîte de reproduction, et un gîte d’hibernation. En moyenne, les déplacements entre ces gîtes sont de 40 kms (maximum connu = 106 kms).
En période estivale, il peut s’éloigner du gîte de reproduction jusqu’à 10 km de sa colonie, pour se cacher dans des cavités naturelles comme les trous d’arbres. Il est donc très difficile d’en observer durant cette période. Les gîtes de reproduction, principalement des greniers ou des combles, peuvent accueillir 100 à 300 femelles. Ces gîtes sont souvent partagés avec le Grand Rhinolophe. L'émergence crépusculaire des femelles de Murins à oreilles échancrées est tardive, elles ne s’envolent habituellement pour chasser qu’à la nuit complète et, le plus souvent, une heure après le coucher du soleil.
L’hiver, ce sont les premières chauves-souris à rejoindre les cavités d'hibernation et les dernières à en sortir. En effet, c’est l’espèce la plus tardive quant à la reprise d’activité printanière, une majorité des individus sont encore en léthargie à la fin du mois d’avril. De novembre à mars-avril, le Murin à oreilles échancrées hiberne donc dans des cavités souterraines naturelles ou artificielles : grottes, mines, caves, tunnels. Ces gîtes de grandes dimensions répondent aux caractéristiques suivantes : obscurité totale, température inférieure à 12°C, hygrométrie proche de la saturation et ventilation très faible à nulle.
Régulièrement en petits groupes ou essaims, l’espèce est généralement suspendue à la paroi et s’enfonce rarement dans des fissures.

La gestation des femelles dure entre 50 et 60 jours. Elles mettent bas, un jeune par an, de la mi-juin à fin juillet. La période de mise bas est plus tardive que celle des autres espèces, car elle est synchronisée avec le pic de population de ses principales proies. Les jeunes Murins à oreilles échancrées sont élevés dans des cavités souterraines ou des bâtiments, où les femelles forment des colonies de reproduction de taille variable, régulièrement associées au Grand Rhinolophe, afin de créer un microclimat favorable. Les jeunes sont capables de voler dès l’âge de 4 semaines.


 

Programme LIFE MENACES

Le Murin à oreilles échancrées est une espèce très vulnérable. Sa sédentarité dans les gîtes, le rend très dépendant des activités humaines et souffre d’une pollution lumineuse croissante.

La population de Murin à oreilles échancrées peut être menacée par :
- La disparition de gîtes de reproduction (démolition des ruines, la modernisation des vieux bâtiments),
- La réfection, la modification ou la fermeture des gîtes d’hibernation (cavités souterraines),
- La modification et/ou la disparition des territoires de chasse,
- La mortalité routière (collision avec des véhicules),
- L'emploi de pesticides et de traitements antiparasitaires du bétail ont contribué à la raréfaction des proies.


 

Programme LIFE RÉPARTITION ET ÉTAT DES POPULATIONS

Au niveau mondial, le Murin à oreilles échancrées est présent en Europe (au sud d’une ligne Belgique-Roumanie), en Asie mineure et au nord-ouest du Maghreb. Ses populations sont stables et l’espèce est en catégorie LC (« Least Concern ») d’après la Liste rouge mondiale des espèces menacées (IUCN, 2008).

Population mondiale MOE
Source : IUCN (International Union for Conservation for Nature). Myotis emarginatus. In : IUCN 2011.IUCN Red List of Threatened Species. Version 2012.1

En Europe, l’espèce a connu un déclin significatif entre les années 1960 et 1990, mais plus récemment, ses effectifs et son aire de répartition sont stables ou en progression. Elle figure donc en catégorie LC (« Least Concern ») sur la Liste rouge européenne des mammifères menacés.

En France, la situation du Murin à oreilles échancrées connaît de fortes disparités régionales. Il peut être localement abondant (vallées du Cher ou de la Loire, Charente-Maritime) mais plus rare ailleurs. Toutefois, les comptages, menés depuis plus de 10 ans sur cette espèce en période hivernale, montrent une lente mais constante progression des effectifs depuis 1990. Il figure en catégorie « Préoccupation mineure » d’après la Liste rouge des espèces menacées en France (UICN France & MNHN, 2009).

En Camargue, l’hibernation est peu probable absence de cavités favorables ; aucune colonie d’hibernation n’est connue en PACA ou en LR). Les effectifs s’élèvent à 410 individus répartis dans trois gîtes, tous pris en compte dans le cadre du LIFE, soit 100% de la population connue. Toutes les colonies ont été découvertes récemment, ce qui ne permet pas de tracer une tendance fiable de la population. Il est toutefois à souligner qu’une colonie est menacée à court terme et une autre est dans une position vulnérable.

Dans les Alpilles,
Les effectifs s’élèvent à 140 individus répartis dans deux cavités, toutes prises en compte dans le cadre du LIFE, soit 100% de la population connue. L’état de conservation de cette population est médiocre : l’effectif reproducteur de l’une des cavités a diminué de plus de 50% depuis les années 90.

Dans les gorges du Gardon,
La rareté en bâtiments sur le site rend peu probable la présence d’une colonie dans le SIC. L’effectif s’élève à 600 individus, lequel est pris en compte dans le cadre du LIFE. Des comptages menés ces dernières années montrent que les effectifs de cette colonie sont stables. Son avenir est toutefois menacé à très court terme (grange en vente).

Pour l’ensemble de la zone couverte par le programme LIFE+ Chiro Med, la population reproductrice de Murins à oreilles échancrées est d’au moins 1150 individus. En région PACA, 1 155 individus reproducteurs ont été recensés dans sept gîtes (base de données, GCP, 2008) ; en Languedoc-Roussillon, 2 700 individus dans neuf gîtes (base de données, GCLR, 2008) ; en Corse, 7 000 dans 20 gîtes. Le total pour la France est de 12 005 individus en tout. La population reproductrice camarguaise représente 30% des effectifs de PACA et celle du projet LIFE+ Chiro Med, 10% de la population reproductrice méditerranéenne française.

En conclusion, outre l’importance des effectifs reproducteurs, les actions menées dans le cadre du projet pour cette espèce sont logiques et cohérentes par le fait qu’elle partage ses gîtes de reproduction et une bonne partie de ses habitats de chasse avec le Grand Rhinolophe.


 
 
 
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